[Bureau de Hanzo] Déluge Embrumé [Pv Heihachi]
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雨 | Ame no Jônin
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Déluge embrumé #Heihachi


Imperturbable, le Fléau aux yeux d'émeraude fixe par delà la baie vitrée l'orage incessant qui secoue le pays du Déluge. Eclair et Tonnerre se donnent la réplique dans une cacophonie vertigineuse en déversant leur rage millénaire sur les Hommes, terrés dans leurs abris de pierre et de métal, attendant avec frayeur la fin de l'Ouragan; car quand les Dieux parlent, l'humain se cache. Perdue dans ses pensées, la trentenaire engoncée dans son armure ronge son frein, perturbée au centuple par les événements de la soirée, s'annonçant décisifs pour l'avenir du village. Faisant volte face, elle avise à présent le bureau du Seigneur Hanzo, appréciant l'ordre et le calme régnant en ces lieux. De forme sphérique, l'endroit se situe au sommet de la plus haute tour du village, surplombant sans mal les gratte ciels pourtant nombreux qui pullulent dans le ciel du Déluge. Complètement vide de toute forme de décoration, elle ne comporte qu'un bureau et un fauteuil trônant au centre de la pièce.

Huit gardes y sont affectés en permanence: deux aux portes, quatre situés de part et d'autres de la pièce et deux autres situés à extérieur, surveillant la baie vitrée. Si le bureau lui même est lourdement gardé, l'ascension vers ce lieu constitue également une épreuve en soit, comportant près d'une dizaine de check point différents, d'une garnison entière répartie sur les étages et de nombreux autres systèmes de sécurité pour assurer le  bien être de la Salamandre. La paranoïa de ce dernier ayant pour avantage de ne rien laisser au hasard. Et pourtant, même malgré toutes ces précautions, le chef du village ne pouvait guère se prémunir contre les affres de la vie et du temps qui passe. Pris par des préoccupations d'ordre privé, le Seigneur de la Pluie ne pouvait  se rendre disponible sous un quelconque prétexte pour l'heure.

La tâche d'acceuilir les doléances du Haut Conseiller revenait donc à celle qui faisait office de Bras Droit. Et cette dernière n'en menait pas large malgré son faciès neutre. Comme au dehors, un orage tourmentait son esprit, vacillant entre le doute et la peur d'un fardeau qu'elle avait peur d'assumer. Si sa position jusque là n'avait été que celle de l'éxécutant d'un influent Seigneur, sa tâche aujourd'hui prenait un rôle on ne peut plus grand : prendre une décision qui aurait peut être des répercussions majeures sur tout ce qu'elle avait jamais connu et apprécié jusqu'à lors.

Le Fléau était terrorisé. Le venin insidieux du doute imprégnait chaque cellule de son corps, chaque parcelle de son esprit. La femme en elle se rongeait les sang, redoutant de devoir prendre cette décision. Mais, garante d'un Ordre précaire et dépositaire des souhaits de ses pairs, le Commandant se forçait à garder la tête froide, afin de maintenir les apparences devant des alliés éventuels, et devant ceux qui dépendaient de son rôle. Ayame se devait d'être inébranlable. Elle devait faire front pour tous ceux qui ployaient déjà sous le joug d'un destin capricieux.

Et en ce soir d'orage, elle assumerait une fois de plus ce rôle. En ce soir d'orage, ses propres démons s'écraseraient contre la paroi de sa résolution.

Faisant un signe de mains aux gardes dans la pièce, la femme les intima l'ordre de se retirer, entendant les pas du Haut Conseiller dans le corridor d'entrée, il entrerait dans une poignées de secondes. Afin de chasser toute forme d'incertitude de son faciès, la brune fit volte face, se retournant à nouveau face à la baie vitrée et, lorsqu'elle entendit les gonds de la lourde porte crisser; annoncant la venue de son invité,  elle lança d'une voix neutre :

" J'ai bien peur que le Seigneur Hanzô ne soit pas disponible, Haut Conseiller. Malgré l'importance de l'affaire qui nous amène en ces lieux, et pensez bien que j'en mesure toute l'étendue, il ne pourra vous recevoir. Toutefois, il m'a permise d'entendre et de répondre à vos demandes au nom d'Ame... "

Dehors l'orage semblait encore s'être intensifié, se transformant peu à peu en Ouragan et reflétant par là même occasion sa propre réflexion...

 
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水 | Kiri no Jônin
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Déluge Embrumé


   
   
   


« Un monde sans guerre est un monde sans humain. »


La particularité de la récurrence du tic-tac tintamarre des gouttes, son refrain sempiternel et apaisant,  dénonçait le temps maussade qui régnait en ces lieux si reculées. Le tonnerre de son humeur morose, grondait, tandis que la pluie détonnait frénétiquement l'harmonie ambiante, comme pour laver le chagrin des hominidés qui peuplaient ce pays victime de conflits intérieurs sanglants.

Même les plus grandes puissances militaires avaient en dépit de leurs gloires passées, des martyrs et des défaites ; la plupart ayant été soigneusement dissimulés. Chaque peuple, à son tour dans l’ombre enseveli, chantait languissamment ses grandeurs effacées, la mort et la peur œuvraient en véritable souveraines dans les âmes glacées des hommes, seuls et uniques responsable de leurs tourments.

Ce fruit inconnu que l’on appelait ‘puissance’ engendrait la haine et la tristesse, de son orgueilleux mélange, entre les mains d’un mortel, on pouvait voir son détenteur se conforter en se comparant aux Divinités et même qui plus est, s’autoproclamant comme telle. Le crime jusqu’alors universel, s’élevait désormais jusqu’aux cieux. Les Dieux eux-mêmes s’attristaient et détournaient les regards devant une avidité inénarrable, burlesque à leurs yeux.

Après s’être séparé de son subalterne en lui ordonnant d’attendre à l’extérieur des murs du village grisâtre, l’Empereur bleuâtre se juchait sur le point culminant de la très haute tour administrative d’Amegakure, patientant calmement à l’extérieur de la pièce la plus sécurisée d’un bâtiment pourtant placé sous très haute surveillance. La Salamandre faisait bel et bien honneur aux ragots qui se racontaient sur sa personne, un individu particulièrement méfiant, en somme.

Au bout de quelques instants, l’un des innombrables shinobi responsable de la garde personnel d’Hanzô fit signe au Minamoto d’entrer dans la fameuse pièce principale, le désarmant avant que le kirijin n’y mette son pied, sa ‘Reipia’ et son armement de combat furent confisqués le temps d’un entretien qui s’annonçait décisif pour l’avenir des deux nations respectives.

Pénétrant d’une démarche machinale, il rejoignit son interlocutrice face à la baie vitrée, remarquant que la chambre était totalement dépourvue d’objets décoratifs, un nombre assez restreint de meubles tandis qu'en son centre trônait une grande table ronde seulement.  

Constatant avec une certaine déception l’absence du patriarche de la Pluie, après l’avoir chercher de l’œil, ses espérances furent réduites à néant suite aux paroles du commandant en armure qui l’informa de la non-participation de son supérieur hiérarchique pour durant cet échange.

L’ancien général de guerre, grimaça intérieurement, ne répondant pas directement après la jeune femme aux pupilles d’euphorbes, laissant un bref moment de silence s’installer avant de prendre à son tour la parole.

« Le repos est un rêve ; la vie est un orage.. » Disait l'homme au cache œil d'un rythme posé.

Des paroles sibyllines, cabalistiques, qui lui étaient survenues en contemplant la vue qui s’offrait face à lui, la vision de toute une citée industrielle et majestueuse martelée par des larmes célestes. L’air placide, Heihachi détourna son regard en direction de la brune au faciès sévère, plongeant ainsi son œil à l’iris nuancé de turquoise dans les charmantes émeraudes du Fléau.

« Comme vous le savez déjà, nos villages sont en proies aux mêmes problèmes internes. Je dois admettre que la situation à Kiri ne m’enchante guère, le Mizukage a fait de nombreuses erreurs et il ne semble pas vouloir apprendre de ses fautes. » Daignait avouer le Haut-Conseiller.

Le visage balafré du borgne s’apparaissait moins stoïque, presque humain en comparaison à son air inébranlable habituel. Déviant légèrement la tête en direction de la vitre, il reprit paisiblement, afin d’aider le bras armé de la Salamandre dans ses prochains choix, lui offrant la vision de ce qui le rendait si particulier, accentuant son côté étrange, entre autre, son cache-œil si mystérieux.

« Comprenez-vous la peine, d’un homme qui a dû participer à plusieurs génocides pour ne pas éveiller les soupçons ? J’ai tué des enfants qui m’appelaient professeur, des jeunes shinobi qui représentaient l’avenir de la nation et qui effectuaient des missions sous mon commandement... Toute cette barbarie n'est pas nécessaire et ralenti de manière considérable le bon développement de notre nation, j’estime que cette mascarade a assez durée. * Il marque une pause et plonge à nouveau son œil dans ceux d'Ayame * C’est pour cette raison commandant, que je suis venu vous proposer de traiter une alliance avec Kirigakure, et par la même occasion, soutenir l’homme que je suis. Je serais prêt à vous porter main forte durant votre lutte acharnée contre les rebelles. » Ajoutait le Jônin, soudainement sujet de nombreux regrets, désireux d'améliorer la situation.

Des dires funestes dénonçant l’état d’esprit actuel d’un Heihachi vaguement mélancolique. Les shinobi avaient beau être des armes, ils demeuraient avant toutes choses, des êtres humains, dotés de sentiments. Épuisé par cette constante chasse à l’homme qui perdurait depuis des décennies, son séjour à Tetsu no Kuni il y a de cela de nombreuses années l’avait rendu plus sage, et son retour au pays de l’eau avait fait l’effet d’une bombe chez lui, devoir faire face à cette boucherie le rendait maussade intérieurement, lui qui avait connu la paix et la prospérité chez les Samouraï.

Le Minamoto était doté d’une pénétration d’esprit qui lui était propre, le cinquantenaire possédait un sens très affûté de l’observation, et de ce fait, il savait malgré les décisions cruelles de son supérieur, que celui ci n’était pas un individu malveillant. L'hôte du trois queues, de par son âge juvénile, manquait très certainement d’expérience, il lui fallait un rappel à l’ordre avant qu’il ne perde la tête face aux injections mentales de venins de la part de ses conseillers.

Car en effet, le conseil de la Brume était le souffre-douleur d’une corruption conséquente. Le partenariat avec Ame pouvait améliorer la situation vitale des deux populations, bien que cette probable coopération ressemblait à un pacte avec le sabreur et son parti politique naissant, qu’avec la patrie qu’il représentait si fièrement. Se montrant comme une personne attristée face aux affrontements que livraient les villages embrumés et pluvieux pour se défaire de ces rébellions, de ces tensions tantôt latentes, qui n’avaient pourtant pas lieu d’être.



_____________________


Récapitulatif.

Spoiler:
 


人斬り抜刀斎 - Sekigan no Kenshi
« The fear of death follows from the fear of life at the shinobi. A warrior who lives fully is prepared to die at any time by my hands. I am become death, the sword who precedes the end.»
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雨 | Ame no Jônin
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Déluge embrumé #Heihachi


Imperturbable, Ayame écoutait d'une oreille religieuse le ton monocorde de son interlocuteur, jaugeant non sans mal de sa sincérité au travers de son monologue pour le moins sombre. Une fois ce dernier achevé, la trentenaire laissa les termes se distiller dans son être, lâchant la bride de sa réflexion afin d'appréhender avec le plus d'objectivité possible les conséquences à long terme de ce qui l'accaparait en cette heure tardive. Sans qu'elle ne puisse se l'expliquer, la femme aux yeux d'émeraudes nourrissait une certaine sympathie envers cet homme meurtri par son passé de guerrier ; tentant de maintenir une voie pavée de vertu et d'ordre alors que les cadavres innocents s’amoncelaient sous ses pas et sur ses mains.

Consciente du rôle qui lui avait échu en ces temps troublés, elle se trouvait un point commun avec l'image de Montagne qu'elle même entretenait avec le plus grand soin. Heihachi avait semble-t-il toujours eu cette image de force de la nature imperturbable et solide. Une figure de puissance contenue, de loyauté inébranlable et de sincère dévotion envers son devoir ; une image tellement bien maîtrisée, tellement ancrée dans son entourage, qu'elle avait fait de lui le plus usité des boucs emissaires. Cette figure l'avait condamné à assouvir les ordres les plus vils et les plus bas qu'un chef pouvait donner. Et à présent prisonnier de son carcan, le vieil homme ne pouvait plus se résoudre à changer d'image car cela changerait son identité.

" Pour le bien de notre conversation, Haut Conseiller, je vais jouer cartes sur table. Et je vous serais gré de faire de même, car je sens en vous le même genre d'étincelle qui m'anime. Vous et moi avons dévoué notre vie entière à une seule cause, que nous nous sommes jurés de défendre quel qu'en soit le prix. Dut il être le sang des coupables... ou celui des innocents. Mais il arrive que mêle le mont le plus embrumé, et le plus ancien, fasse l'objet d'érosions car le temps fait son oeuvre sur tout le monde. "

Marquant une pause, elle renchérit ensuite, le regard toujours braqué vers l'extérieur :

" Vous êtes un Roc. Vous êtes un monstre de contrôle et de complexité. Contrairement à votre subalterne, vous êtes infiniment plus calculateur et froid. Vous êtes une personne dangereuse, Haut Conseiller. Et à mes yeux, ce sont des atouts non néglieables. Je ne vous apprendrais rien en vous disant que je me méfie de vous et de votre offre.

Ceci étant dit, Je souhaitais juste nous mettre sur un pied d'égalité pour la conversation à venir, car j'aime avoir toutes les cartes en mains avant de prendre une décision, et je pense que vous êtes dans le même état d'esprit. Maintenant que j'ai été claire sur mon ressenti, je pense que nous pouvons nous avancer sans faux semblants.
"

Suivant une quinte de toux pour s'éclaircir la voix , elle se tourna enfin vers le représentant de la Brume, dardant son regard vers l'oeil unique :

" Pourquoi être venu si loin pour proposer une alliance ? Le seul point commun que nous ayons avec le village de la Brume est d'être en guerre civile. Si vous vouliez des shinobi, des armes et une influence réelle sur la guerre, vous iriez voir l'une des cinq grandes nations, d'autant qu'ils seraient plus que ravis de s'immiscer dans la politique de votre village, mais vous le savez et vous ne le souhaitez guère.

Si vous vouliez un appui politique, nous serions le dernier des choix car notre Seigneur suscite bien des polémiques dans sa façon de gouverner. Non, vous cherchez des alliés peu connus aptes à s'infiltrer dans les couches de la société mais qui seraient facilement accusables en cas de pépins. Vous cherchez sans doute à protéger vos arrières, et je ne peux vous blâmer pour ça. Loin de moi l'idée de vous faire perdre la face, mais j'aimerais d'abord avoir quelque réponses : Que savez vous de notre situation ? Pourquoi nous et pas l'une des cinq grandes nations ? Que cherchez vous ?
"

Elle resta immobile, fixant du regard le borgne qui la toisait de plus haut, en espérant qu'il ne prenne pas ces questions pour de vaines tentatives de le piéger. La brune souhaitait réellement nouer des alliances, mais ces dernières impliquaient bien trop de paramètres pour être nouées à la va-vite et sur une base de non dits.

 
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